Page 204 - Traité de Chimie Thérapeutique 4 Médicaments en relation avec des systèmes hormonaux
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2. MÉDICAMENTS DU DIABÈTE SUCRÉ UTILISABLES PAR VOIE ORALE  165


             Un autre dérivé de l'acide nicotinique, le nicéritrol ou tétranicotinate de pentaéry-
           thyle, est en cours d'essais sur les neuropathies induites par le diabète expérimental à
           la streptozocine chez le Rat.
             Enfin, la phénylisopropyladénosine (PIA), agoniste des récepteurs à l’adénosine
           semble aussi constituer une approche originale. L’adénosine en effet, est un composé
           antilipolytique par deux mécanismes différents : d'une part, elle inhibe l'adénylate
           cyclase et donc la formation d'AMPc, d'autre part, elle augmente la sensibilité à
           l'insuline du tissu adipeux. Chez le Rat, in vivo et in vitro, le PIA diminue les acides
           gras et fait chuter la glycémie à jeun alors que l'insulinémie reste inchangée.

           6.   DÉRIVÉS DU VANADIUM
           Le vanadium est présent à l'état de traces dans la plupart des organismes vivants
           (100 pg pour le pool total chez l’Homme).
             Elément de transition de la colonne V (Z = 23, deux isotopes 50 et 51), le vanadium
           apparaît sous divers états ioniques. Les anions présentent des degrés d’hydratation et
           de condensation très variables selon la concentration et le pH des solutions. Le degré
           d'oxydation varie de - 1 à + 5 ; dans les systèmes biologiques, ce sont les degrés + 4
           et + 5 qui prédominent.
             Les formes ioniques concernées semblent être VO3" (métavanadate) mais plus vrai­
           semblablement orthovanadate dont, par ailleurs, l'hydratation varie avec le pH :
           - de 3 à 6    HV10O26 4- décavanadate (qui se dépolymérise à la neutralisation)
           -  de 5 à 9   H2VO4_
           -  de 9 à 12 HVO42-
           - au-delà de 13 VO,,3-
             Si, dans le plasma et, de manière générale, dans les compartiments extracellu­
           laires, c'est le degré 5 qui domine (vanadates), dans les organes tels que le foie, les
           os, les reins, l'entrée des vanadates semble utiliser des canaux ioniques non sélectifs
           et être suivie d'une réduction rapide en cation vanadyle VO++ (degré d'oxydation + 4)
           avec seulement 1 % à l'état libre ; l'essentiel étant lié à l'ATP, l'ADP et la phospho-
           créatinine, ce qui semble le protéger de l'oxydation. Le vanadium constitue une
           exception chez les métaux de transition puisque sa teneur plasmatique est régulée.
             Le rôle du vanadium sur le métabolisme du glucose est affirmé dès1979 par la
           démonstration que l’orthovanadate sodium (NajVO^, le métavanadate de sodium
           (NaVOj) ou d'ammonium ainsi que le sufate de vanadyle (VOSO4,3H2O) présentent
           des actions insulinomimétiques - notamment en stimulant l'oxydation du glucose -
           sur les adipocytes et hépatocytes ainsi que sur les cellules musculaires de rat. Le
           vanadate, plus facilement assimilé dans le contenu intra-cellulaire, est ensuite réduit
           en sel de vanadyle qui serait la forme active.
             Les mécanismes de cette action pourraient correspondre soit à :
           -  une action inhibitrice de la tyrosylphosphatase,
           -  une induction de la phosphorylation de la tyrosine,
           -  un recrutement de transporteurs du glucose GLU-T4.
             Des hypothèses récentes indiquent que les dérivés du vanadium exerceraient leurs
           effets "insulin-like" par un mécanisme différent de celui de l'insuline et utilisant une
           protéine kinase soluble.
             In vivo, chez le rat diabétique (streptozotocine), le métavanadate de sodium norr
           lise en quelques jours la glycémie quand il est ajouté, à la concentration optimale
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