Page 203 - Traité de Chimie Thérapeutique 4 Médicaments en relation avec des systèmes hormonaux
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           voies orale et parentérale. Hydrolysés in vivo en acides libres, ils sont transformés en
           esters du coenzyme A dans les cellules. Le mode d'action de ces esters de CoA pour­
           rait correspondre à une inhibition de la camitine palmityltransférase dans la membrane
           externe des mitochondries prévenant l'oxydation excessive des acides gras observée
           dans le diabète. Ceci confère à ces produits un intérêt comme anticétosiques.
             Ils pourraient donc être utilisés soit seuls dans le DNID, soit associés à l'insuline
           dans le DID, comme l’ont montré les premiers essais cliniques.
             Une autre possibilité est l'inhibition de la fructose-1,6-diphosphatase. Ce type
           d'approche reste très théorique pour l’instant et ne semble pas devoir donner lieu à
           des applications pratiques dans un avenir proche.


           5-   ANTILIPOLYTIQUES

             Les agents s’opposant à la lipolyse et, par conséquent à la libération des acides
           gras non estérifiés, sont des moyens complémentaires permettant d'améliorer la régu­
           lation glycémique chez le diabétique.
             A coté des fibrates, utilisés par ailleurs dans les traitements des dyslipémies, sont à
           signaler l'acide nicotinique (cf. chapitre normolipémiants) ou acide pyridine-3-car-
           boxylique (figure 11) - dont la cinétique d’action s'avère malheureusement défavo­
           rable - et un de ses analogues : l'acipimox (4-oxyde de l'acide 5-méthylpyrazine-3-
           carboxylique).

                                                      O




            Figure 11 : Acide nicotinique et acipimox


              L’acide nicotinique, non disponible en France sous forme de spécialité pharmaceu­
            tique, est aussi utilisé pour traiter les dyslipémies, surtout dans les pays anglo-saxons.
            Les résultats quant à la tolérance au glucose sont contrastés chez le diabétique sur­
            tout à court terme. A long terme, l'acide nicotinique semble exercer un effet défavo­
            rable attribué au rebond de la libération des acides gras non estérifiés qui apparaît
            pendant la période nocturne, c'est-à-dire hors de la prise du médicament. De plus, les
            effets secondaires : vasodilatation de la face, prurit, troubles gastro-intestinaux, limi­
            tent les possibilités d'utilisation.
              L'acipimox, analogue pyrazinique de l'acide nicotinique, permettrait de traiter les
            hyperlipidémies du diabète. Son effet qui apparaît deux heures après la prise par voie
            orale se poursuit jusqu'à la huitième heure, ce qui évite le rebond signalé plus haut ; il
            est aussi mieux toléré. L'acipimox pourrait être ainsi le précurseur d'une famille de
            composés à longue durée d'action (encore améliorable par l'utilisation d'une forme
            galénique appropriée), soit en thérapie initiale associée au régime chez les diabé­
            tiques peu hyperglycémiques, soit en association avec une sulfonylurée chez les
            patients plus gravement atteints.
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