Page 20 - le barrage de la gileppe
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La VESDRE
Mais, en ces temps troublés, la Vesdre coulait des eaux claires où les riverains, avec l’autorisation
du prince et du magistrat, pouvaient pêcher.
M. Jules Peuteman, président de la Société Verviétoise d’archéologie et d’histoire de Verviers, a
fait en 1948, de ce chapitre d’histoire locale, le sujet d’une intéressante causerie aux « Pêcheurs de
l’Est », et le président de la S.V.A.H., M. Arsène Buchet, dans une communication publiée aux
Archives Verviétoise, reproduit un texte de Fusch sur les pêches miraculeuses qu’on pouvait faire au
pied de la citadelle de Limbourg au XVIe siècle .
Le droit de souveraineté que possédaient sur la Vesdre les ducs de Limbourg entraînait
naturellement la possession du droit de pêche dans la rivière. A cette époque, la Vesdre roulait encore
des eaux claires et limpide poissonneuses par excellence.
Pour les Limbourgeois, cette ressource alimentaire de premier ordre était particulièrement
appréciée, comme en témoignent à suffisance les archives des localités traversées par la rivière. A
Limbourg par exemple, les bourgeois possédaient le privilège de pouvoir pêcher à l’aide de la “same”,
sorte de filet triangulaire attaché à un manche en bois que l’on traînait pour attraper le poisson et
construit de telle façon que les jeunes saumons pouvaient le traverser sans y être retenus.
La coutume locale autorisait ces mêmes bourgeois à pêcher trois jours par semai ne pour leur
propre consommation,la vente de leurs pris« étant expressément interdite.
Parlant de la Vesdre, Remacle Fuchs, médecin et botaniste né à Limbourg au début du XVIe siècle
considère cite;
Je
"que este rivière est aussi singulièrement louée à cause du bon et excellent poisson qu’elle a en
grande abondance, c’est à savoir de truites, si merveilleusement grandes qu’elles se peuvent esgaller
, .
en grandeur à un saumon de rivière, d’anguilles, lamproyes, escrevices et semblables qui sont cachés
sous les pierres et prend un grand plaisir à les pescher"