Page 25 - le barrage de la gileppe
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           On peut évaluer que l’industrie exige environ un mètre cube d’eau pour la manipulation complète d’un
         kilo de laine. Verviers manipulant annuellement, c’est à dire en 300 jours de travail, environ 30,000
         tonnes ou 30,000,000 kilos de laines, ce qui fait par jour 100,000 k., il lui fallait une moyenne journlière
         de 100.000 mètres cube d'eau pou l'industrie du lavage de la laine.


           L’activité de l’industrie n’étant pas régulièrement répartie sur tous les .jours de l’année et surtout


         les lavoirs de laine, les grands consommateurs, marchant pour la plupart d’une façon très inégale, il fallait

         se mettre en mesure de fournir journellement une quantité d’eau beaucoup supérieure.
           L’eau de la .Vesdre n’était pas seulement rare, elle était aussi impure et à un tel point qu’on a souvent
         remarqué, sur l’Ourthe, des milliers de poissons morts entraînés par le courant.


           En juin 1877, ce fait s’est produit dans des proportions extraordinaires. Ces poissons venaient de la

         Vesdre qui grossit l’Ourthe à Chénée. C’est par mannes qu’une, cinquantaine de personnes les retiraient
         de la rivière.

           Au Pré-Linet c’était une pêche merveilleuse. En remettant les poissons dans de l’eau pure, quelques

         uns revenaient à la vie. Tous les avis furent unanimes sur la cause de cette destruction. Les grandes eaux

         qui avaient nettoyé complètement le lit de la Vesdre, lors d’un violent orage qui avait eu lieu quelque
         temps avant, avaient entraîné dans l'Ourthe toutes les matières nuisibles que les industriels versent dans la
         Vesdre, et tous les poissons de cette rivière ont été complètement détruits.
















































            L’eau de la Vesdre est dérivée à Verviers dans un canal, construit en 1100, et sur lequel
          s’échelonnent un grand nombre d’établissements parmi lesquels des teintureries. On se sert de
          l’eau pour toutes les manipulations de la laine, mais chaque établissement rejette dans ce canal les
          eaux qu’il a rendues impures, et cette impureté est telle, qu’à Fraipont même, on retrouve aux
          époques de sécheresse le gravier teint par les bains de teintures que les industriels de Verviers
          versent dans la rivière
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