Page 22 - le barrage de la gileppe
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                                      EAU UNE RICHESSE POUR LA RÉGION





            Le paysage du plateau fagnard peut aisément laisser supposer un climat particulièrement répulsif. On
          se l’imagine spécialement froid, humide et brumeux. Et pourtant ! Malgré les minima hivernaux parfois
          fort bas, l’enneigement plus long et une épaisseur de neige plus importante qu’au centre du pays, les
          hivers très froids et très neigeux ne sont pas plus fréquents chez nous qu’à Bruxelles.

            La rigueur du climat se marquerait plutôt par des automnes précoces et des printemps tardifs, On
          aurait aussi tendance à penser que les Hautes Fagnes connaissent un climat très humide. Le brouillard, il
          est vrai, est un décor fagnard et il est parfois si dense et :si tenace qu’un randonneur s’est égaré et que
          certains ont même perdu la vie.

            La pluie si elle est plus abondante (1.250 litres par m2 et par an à Botrange contre 850 à Uccle), y est
          aussi et surtout plus intense : les précipitations donnant 40 litres par m2 y sont en effet dix fois plus
          nombreuses qu’à Uccle. En été les orages peuvent être très violents et générateurs de crues destructrices

          et parfois  meutrières  comme le rappelle la stèle du barrage de la Soor (crue du 8 juillet 1952)

            Cette  pluviosité abondante   a permis l  a formation de  s tourbière  s qui constitue  nt un véritable  e  t très








          vaste  châte  au d’eau. Formée  par l  a sphaigne  , une  variété de  mousse  , l  a pe  u pe  ut retenir de  dix  à





          vingt-cinq  fois  son  poids  e  n eau.  Même   si une part  importante de cette e  au ne quitte pas  l  a tourbière  , l  a

                                   l
                                                   e
          quantité  qui  s’écoule par  a Helle  , l  a Soor  t l  a Gileppe e  st considérable  .


               Le  s vallée  s profonde  s de ce  s rivière  s ont  été  équipée  s de barrage  s retenant  leurs  eaux  courante  s dans



          le  s deux lacs de  l  a Vesdre  e  t de  l  a Gileppe  Hormis ce  s tourbière  s, l  a zone  ardennaise  n’a que  de  s



          réserve  s phréatique  s superficielle  s vite tarie  s e  n cas  de sécheresse  .

                La  zone condruzienne   a e  n revanche de  s réserve  s profonde  s d’e  au de bonne qualité,  captée  s depuis


          longtemps pour alimente  r le  s village  s de Baele  n, Membach, Goé, Hèvremont e  t Limbourg. Cette e  au







          dont  le débit  e  st asse  z régulie  r  a été  très  tôt  domestiquée pour  l’industrie  .

               Le ruisse  au de Baele  n animait de  s moulins, de  s forge  s, de  s foule rie  s de drap e  t, depuis le XIXe








          siècle  , une papeterie  . A Forges-Baele  n e  t  à Goé, deux source  s de grande qualité ont alimenté pendant




          trois  quarts  de siècle une industrie de fabrication  de limonade  s e  t de boissons  gazeuse  s. Mais  l  a Vesdre



          ave  c son débit important, bie  n qu’irrégulie  r, allait attire  r le  s lainie  rs qui au XVIIIe siècle quittaie  nt le





          Pays  de Herve dont  le  s ruisseaux  étaie  nt trop  avare  s e  n eau.


               Comme le lavage se faisait  au  fil de l’eau,  dans  l  a rivière ou  dans  de  s canaux  de dérivation,  appel  és



          bie  f (on  pe  ut encore e  n voir  deux  à Dolhain),  l’e  au devint  bientôt  trop  sale pour  un  lavage corre  ct e  t l  a





          qualité du travail s’e  n ressentit. Le  s industriel  s iront dès lors s’installe  r de pl  us e  n pl  us e  n amont  à l  a




          recherche d’e  au propre e  t certains  n’hésiteront  pas  à s’établ  ir sur  de  s ruisseaux  aux  eaux  calcareuse  s.



               Contraireme  nt  à l’opinion répandue e  t relayée par de  s historie  ns dont Pirenne  , l’e  au de l  a Vesdre

          n’e  st pas  exempte de dureté;  e  n effe  t, depuis  Eupe  n cette rivière e  t certains  de se  s affluents  coule  nt sur


          de  s terrains  calcaire  s. Le  s sécheresse  s successive  s, le  s déboire  s commerciaux  e  t le  s épidémie  s de choléra

          persuadère  nt le  s décideurs  de l’époque de l  a nécessité  d’une réserve suffisante d’e  au propre   : le site de l  a
                             e
          Gileppe fut  retenu  t l  a construction  d’un  barrage fut  entreprise  .
               Ache  vé e  n 1875,  il e  ut un  effe  t immédiat  t bénéfique  . L’e  au était  abondante  , propre toute l’année e  t,
                                                       e



          ce qui constituait une nouveauté, remarquableme  nt douce  . Elle consommait donc beaucoup moins de





          savon                       du  “Léviathan”  (1866),  c’est-à-dire un  dispositif  de lavage particulièreme  nt
                  ! Jointe   à l’invention

          ingénieux, l  a qualité de  s eaux de l  a Gileppe allait faire de Vervie  rs le centre mondial du lavage de l  a





          laine  .
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