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Le texte ironique se distingue donc du texte argumentatif : dans l’argumentation, l’émetteur cherche
          à convaincre du bien-fondé de sa thèse un récepteur qu’il suppose ne pas adhérer à cette thèse : quand
          il cite la thèse, d’un autre, c’est en la distinguant de la sienne et en argumentant pour la réfuter. Dans
          l’ironie, l’émetteur feint de ne pas chercher à convaincre son récepteur, il établit au contraire une relation
          de connivence avec lui, et un récepteur qui n’entre pas dans le jeu de cette connivence risque d’attribuer à
          l’émetteur l’opinion dont celui-ci se moque.
          L’ironie peut ainsi passer par l’emprunt au discours de celui que l’on veut rendre absurde, odieux ou
          ridicule : celui qui ironise parle alors, en partie, avec les mots ou les tournures de phrases de sa victime,
          il lui « vole « son discours.

          Dans ce type d’énoncé, plusieurs voix différentes peuvent se faire entendre par la bouche de l’auteur ou
          du narrateur et entrer dans des relations parfois difficiles à démêler.




              En résumé

              Pour analyser un texte ironique, on doit donc identifier :
              →  les marques du discours valorisant (celui de l’autre) et, éventuellement, celles du discours
                 dévalorisant (celui de l’auteur) ;
              →  la cible visée : à qui attribuer le discours apparemment valorisé mais qu’en fait le texte dévalorise ?
                 En d’autres termes : quel est l’autre visé par le texte ?
              →  les intentions de l’auteur et les raisons pour lesquelles il dévalorise le discours de l’autre.
              →  On doit savoir parfois se limiter à des hypothèses...






















































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