Page 168 - Les Kamasutra
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religieux en abandonnant un homme qui lui est attaché, sans lui
          accorder la plus légère faveur, et en causant ainsi son malheur dans
          ce monde et dans l’autre, ce doute s’appelle un doute sur la perte de
          mérite religieux.
            f Lorsqu’une courtisane ne sait si elle ne courrait pas risque de
          perdre l’affection de son amant en s’ouvrant à lui et lui révélant son
          amour, et de manquer ainsi la satisfaction de son désir, cela s’appelle
          un doute sur la perte de plaisir.

            Ainsi finissent les remarques sur les doutes.
            Doutes mixtes
            a. Le commerce ou liaison avec un étranger, dont on ne connaît
          pas les intentions, et qui peut avoir été introduit soit par un amant,
          soit par une personne en charge, est susceptible de produire du gain
          ou de la perte ; et, conséquemment, cela s’appelle un doute mixte sur
          le gain ou la perte de richesse.
            b.   Lorsqu’une   courtisane,   sur   la   prière   d’un   ami   ou   par   un
          sentiment de pitié, a commerce avec un Brahmane lettré, un étudiant
          religieux, un sacrificateur, un dévot ou un ascète, qui peuvent l’un ou
          l’autre s’être épris d’amour pour elle au point d’en être malades à
          mourir, ce faisant elle peut gagner ou perdre du mérite religieux ; et,
          conséquemment, cela s’appelle un doute mixte sur le gain ou la perte
          de mérite religieux.
            c. Si une courtisane s’en rapporte uniquement au témoignage des
          autres, et aux on-dit, à l’égard d’un homme, et va le trouver sans
          s’assurer d’abord s’il possède ou non de bonnes qualités, elle peut ou
          gagner ou perdre du plaisir, suivant que cet homme sera bon ou
          mauvais ; et, conséquemment, cela s’appelle un doute mixte sur le
          gain ou la perte de plaisir.
            Uddalaka a décrit comme suit les gains et les pertes des deux
          côtés :
            1. Les âmes des hommes qui meurent sans avoir eu leurs désirs
          satisfaits passent pour aller au monde des Mânes, et non directement
          à l’Esprit Suprême.
            a. Si, en vivant avec un amant, une courtisane en tire à la fois
          richesse et plaisir, cela s’appelle un gain des deux côtés.



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