Page 196 - Traité de chimie thérapeutique 6 Médicaments antitumoraux
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152             MEDICAMENT INDUISANTDES MODIFICATIONS COVALENTES DE L'ADN

               Parallèlement, ont été aussi développées des nitrosourées aminoglycosylées après
             l'isolement, de Streptomyces achromogenes, d'un antibiotique, la streptozocine 4 (à
             cette époque appelée streptozotocine). Ses indications cliniques concernent le traite-
             ment des adénocarcinomes des ilots de Langherans (chez l'animal sain, elle est d'ailleurs
             capable de provoquer un diabète expérimental, cf. volume IV, p. 57-58) et celui des
             tumeurs carcinoïdes métastasées ... Son action myélosuppressive réduite par rapport à
              celle des autres dérivés explique le développement de cette série où figure par exemple
              la chlorozotocine 5.
                                 ,,,,-o
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                En France, la thérapeutique ne retient que quatre nitrosourées : la carmustine, la foté-
              mustine, la streptozocine, et la lomustine dont la délivrance suspendue en 1998, suit
              maintenant le régime des Autorisations Temporaires d'Utilisation. La chlorozotocine est
              disponible uniquement aux États-Unis pour la recherche clinique.


                                                           :i~OH
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                                                          5



               2.   STRUCTURE - NOMENCLATURE
               Les nitrosourées sont classiquement réparties en deux familles : les chloroéthylnitrosou-
               rées (CENU) (la DCI comporte le segment-clé « mustine » : carmustine, lomustine,
               sémustine) et les nitrosourées aminoglycosylées (la DCI comporte le segment-clé
               « zo(to)cine » : streptozocine, chlorozotocine).
                 En raison de l'analogie structurale alanine-« phosphonoalanine » due à la bio-isosté-
               rie existant entre groupements phosphonique et carboxylique, la présence du reste
               éthylphosphonate chez la fotémustine lui permet d'emprunter la voie du transport actif
               membranaire des aminoacides. Par ailleurs, des différences de perméabilité membra-
               naire aux acides aminés ont été mises en évidence entre cellules saines et cancéreu-
               ses, justifiant ainsi le très fort coefficient de pénétration de la molécule dans les cellules
               tumorales.
                 La streptozocine et la chlorozotocine dérivent de la 2-amino-2-désoxy-a-D-glucosa-
               mine, le RPCNU, de la ~-0-ribopyranosylamine. La streptozocine se présente en fait sous
               la forme d'un mélange d'anomères a et [.
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