Page 115 - Chimie organique - cours de Pau 2- Brigitte Jamart
P. 115

Partie 1 ■ Chimie organique générale


                 Le comportement chimique de cette molécule est très directement déterminé par la répartition de la
         2     densité électronique qui résulte de ces divers facteurs.
        chap. 20,
         § 2.1.a  L'effet inductif et l'effet mésomère peuvent être « en conflit », créant sur les mêmes sites des
               charges de signes contraires. La charge effective est alors la somme algébrique de celles qui résultent
               de chaque effet, mais, en général, l'effet mésomère «l'emporte» car les charges qu'il crée sont supé-
               rieures en valeur absolue.
                 Le monoxyde de carbone CO, dont la molécule est un hybride de deux formes limites :






               offre un exemple simple d'une telle situation. L'expérience montre en effet que, contrairement à ce
               que laisserait attendre le sens de la différence d' électronégativité entre Cet O,le moment dipolaire de
               cette molécule est orienté de O vers C :
                                                      li- -<------------+ lit
                                                        C=O


                 Ce renversement de la polarité est dû aux caractères mésomère-donneur de l'oxygène et méso-
               mère-accepteur du carbone.





               'ouesion 4.H
                  Existe-t-il un effet mésomère dans les structures suivantes? Si oui, comment se traduit-il?
                                                   b)cf                      c) cr
                                                                                        0







                                                                                               __,J

                  La stabilisation
               La délocalisation des électrons entraîne une stabilisation. De deux molécules isomères, dont l'une est
               le siège d'une délocalisation et l'autre non, la première est toujours plus stable que la seconde.
                 La molécule réelle d'un composé à électrons délocalisés est donc plus stable que ne le serait
               chacune des formes limites (si elles existaient réellement), puisque dans celles-ci les électrons sont,
               par définition, tous localisés.
                 On peut déterminer expérimentalement l'énergie de formation d'une molécule, c'est-à-dire
               l'énergie mise en jeu dans la réaction, le plus souvent hypothétique, par laquelle elle se formerait à
               partir de corps simples (par exemple, la formation du benzène CH,par la réaction 6C + 3H,>CH,).
               On peut d'autre part calculer, par addition des énergies de liaison, l'énergie de formation « théorique »
               d'une forme limite. La différence entre ces deux énergies est toujours en faveur de la stabilité de la
               molécule réelle, dont le niveau énergétique est inférieur à celui de n'importe quelle forme limite
               (fig. 4.7). Cette différence est appelée énergie de résonance; elle mesure le gain de stabilité associé
               à la délocalisation des électrons.






               94
   110   111   112   113   114   115   116   117   118   119   120