Page 161 - Chimie organique - cours de Pau 2- Brigitte Jamart
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Partie 1 ■ Chimie organique générale
6.5.2 Modifications chimiques et transformations en dérivés caractéristiques
Des indications utiles peuvent être obtenues en transformant chimiquement le composé étudié, par
des réactions ne prêtant à aucune équivoque. Par exemple, un composé non déjà connu, dans lequel on
a identifié une fonction cétone et une double liaison carbone-carbone peut être «hydrogéné» de façon
à faire disparaître la double liaison selon le schéma :
sans modifier en rien le reste de la molécule. On obtient de cette façon une cétone simple, qui a plus de
chances d'être déjà connue et de pouvoir être identifiée par ses constantes physiques. La forme de la
chaîne carbonée se trouve alors élucidée, de même que la position de la fonction sur cette chaîne. Il ne
2 reste plus, ensuite, qu'à préciser la position de la double liaison, ce qui peut être fait, par exemple, par
p. 218 coupure de la molécule sous l'action del' ozone.
Une autre pratique courante, sil' on pense avoir affaire à un composé déjà décrit dans la littérature,
est d'en transformer un échantillon en un « dérivé caractéristique », afin d'ajouter ses propres
constantes physiques à celles du composé à identifier. On diminue ainsi les risques de coïncidence
2 fortuite entre les constantes de deux composés différents. On s'intéresse surtout, dans ce rôle, aux
chap. 18, dérivés cristallisés, dont les points de fusion peuvent être facilement mesurés avec une bonne préci-
§ 18.2.1.h sion (exemple: dérivés des aldéhydes et des cétones).
6.5.3 Synthèse indépendante
Afin de confirmer une structure supposée, on peut également envisager d'effectuer la synthèse indé-
pendante du composé possédant cette structure, à la condition qu'elle soit possible par des réactions
« classiques » et éprouvées, différentes de celles par lesquelles on a obtenu le composé quel' on veut
identifier, et dont le résultat ne peut pas faire de doute. Il ne reste plus, ensuite qu'à comparer (par
exemple au moyen des constantes physiques ou des spectres) l'échantillon « authentique » ainsi
obtenu et le composé étudié, de façon à vérifier s'ils sont effectivement identiques.
6.6 MÉTHODES SPECTROSCOPIQUES
Il existe de nombreuses formes d'interaction entre la matière et le rayonnement électromagnétique,
qu'il s'agisse de rayonnement hertzien, infrarouge, visible ou ultraviolet, de rayons X ou de rayonne-
ment associé à un faisceau de particules, électrons ou neutrons.
Les modalités et les effets observables de ces interactions dépendent très étroitement de la structure
de la matière : structure électronique (niveaux d'énergie dans les atomes ou les molécules, nature des
liaisons) ou structure géométrique (positions des atomes dans l'espace). L'observation et l'analyse de
ces phénomènes peut donc apporter des informations sur cette structure, et il y correspond toute une
« panoplie » de techniques, à la disposition entre autres des chimistes pour lesquels elles sont deve-
nues des auxiliaires irremplaçables dans le travail d'élucidation des structures. Ils y trouvent de
nombreux renseignements extrêmement « fins », qu'ils ne pourraient pas obtenir autrement.
La suite de ce chapitre concerne trois de ces techniques, parmi les plus fréquemment utilisées.
D'autres existent, et peuvent même être très importantes dans la résolution de certains problèmes (par
exemple, techniques de diffraction des rayons X, des électrons ou des neutrons), mais ce sont des
moyens « lourds », auxquels on ne recourt pas facilement «en routine», et dont la théorie ne peut être
abordée au niveau de ce livre.
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