Page 48 - Le grimoire de Catherine
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Bien qu’à y réfléchir, au lieu de vociférer contre lui nous ferions mieux de le
remercier, il nous a évité le conflit. Impossible d’approcher, il vient de se cacher sous
la bibliothèque, pas fier de lui le matou !
Mais étonnant ! A y regarder de plus près, le monde qui nous entoure n’est plus le
même, l’air y est plus léger, la lumière transporte du féerique. Notre roi et notre
reine vêtus de vert dégustent un gâteau à la citrouille avec leurs amis royaux drapés
de velours grenat. Les chevaux partagent un galop avec leurs cousines les
gracieuses licornes.
Les tours s’inclinent pour regarder tous les petits châteaux de sable qui viennent
d’éclore à leurs pieds tel des poussins de Pâques. Quant aux fous, ils sont très
occupés à écrire de nouvelles histoires afin que les rois et les reines puissent en lire
d’autres la prochaine fois qu’il leur prendra l’envie d’en découdre comme cela ne
manquera pas d’arriver.
Nous, tous, les petits pions de bois avons compris que lors des journées où tout
semble si bien rangé ou lorsque l’orage accumule les nuages il faut toujours accepter
le petit grain de fantaisie de l’autre, celui qui donne de la couleur au temps. Je
compte sur vous pour ne pas mettre cet écrit entre toutes les pattes, un certain « velu »
en serait ravi !
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