Page 44 - Le grimoire de Catherine
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Je  suis  un  phénix,  un  oiseau  légendaire,  qui  ne  meurt    jamais.  En  fait,    plus
              précisément,  je  renais  de  mes  cendres,  tu  peux    imaginer  ce  que  je  peux  colporter
              comme croyances !
              Depuis plus d’un siècle j’ai choisi un nid prestigieux, la façade du théâtre,  La Fenice  en
              plein cœur de Venise. J’adore ce lieu paradisiaque, j’y entends les chants, les musiques
              les plus enchanteresses. De plus, je  suis l’objet  de soin, d’admiration, il paraît que j’ai
              même  été élevé  au grade de symbole du raffinement.
              Chaque soir, j’entendais les mêmes histoires qui chantaient les joies et les peines des
              hommes. Alors brutalement j’ai eu envie de mieux connaître leurs rêves. Un matin,  j’ai
              décollé et  suis venu me poser, ici dans cette clairière.
              Je n’avais pas prévu  que j’allais être enivré par toutes odeurs  qui émanent de cette
              terre, et que j’allais m’endormir. Tu es arrivé près de moi, croquant une  noisette, j’ai
              l’oreille musicale ! J’ai décidé  de t’épier et ai fait le mort.
              Dés que tu t’éloignais je  me dressais sur mes pattes  et t’observais. Ainsi j’ai amélioré
              ma connaissance de l’imagination des hommes et je t’en remercie.
              Je  repars  vite  car  ce  soir  on  joue  Mozart  qui  fait  vivre  un  drôle  d’oiseau  appelé
              Papageno ».















































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