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Christine Adamo - Copyright NMS51GC





                        réussi et qu’il m’a fait une balafre d’Al-Capone sur la joue, je lui ai

                        donné un coup de pied, il s’est sauvé dans la chambre de maman.

                        Et il s’est couché dans le berceau que maman a mis à côté de son lit
                        pour  se  souvenir  et  pleurer  dessus  la  nuit.  Là,  maman  l’a  pas

                        grondé. Mais elle m’a dit c’est-bien-fait-pour-toi, tu-n’avais-qu’à-

                        le-laisser-tranquille.
                               C’est  ce  jour-là  que  j'ai  décidé  d'aller  vivre  avec  papa  et

                        Bismuth.  C’est  aussi  ce  jour-là  que  je  me  suis  dit  qu’il  fallait

                        trouver  une  solution  pour  que  maman  et  le  père-de-maman
                        m’empêchent pas. En même temps, j’ai réfléchi que des solutions,

                        il y en avait pas beaucoup. Et même peut-être qu’une seule. Donc

                        pour que ça rate pas, il fallait que je m’entraîne. Pour ça, il y avait

                        rien de mieux qu’Erasmus-le-chat.
                               Pendant plusieurs jours, j’ai regardé Erasmus-le-chat de loin,

                        pour voir si ça me donnait des idées. Et j’ai vite compris que ça

                        serait  pas  super-méga-facile  comme  je  le  croyais  au  début.
                        D’abord, il tombait jamais du balcon ni de nulle part, Erasmus-le-

                        chat,  vu  qu’il  avait  l’air  d’avoir  de  la  colle  sous  les  pattes.  Ça,

                        c’était drôlement ennuyant. Même quand je l’ai enfermé sur le bord

                        du  dehors  de  la  fenêtre  de  la  chambre  de  maman,  il  a  tellement
                        miaulé et miaulé que quand la femme de ménage est arrivée, elle

                        lui a ouvert la fenêtre avant de me dire bonjour. C’est sûr que, toute

                        façon, à moi, elle me parle pas souvent. Mais là, c’était comme si
                        j’étais  un  fantôme.  Pauvre-petit-minou,  tu-es-resté-dehors-mon-

                        chéri, tu-dois-avoir-si-froid, attends-Rose-va-te-donner-du-bon-lait.

                               Je me suis dit qu’elle était vraiment stupide cette femme de
                        ménage qui faisait plus attention à Erasmus-le-chat qu'elle avait fait

                        avec Sarah. En plus, à cause d’elle, j’avais raté. Du coup,  j’étais





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