Page 105 - J'aime autant te hair
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_ Alors quand il m’a demandé de l’épouser, j’ai tout de suite
                      acceptée. S’écria-t-elle folle de joie.
                             _ Maman ce n’est pas le coup de foudre, tu connais cet homme
                      depuis quoi déjà, vingt-cinq ans ? On était voisin si j’ai bonne mémoire

                      non ? Dis-je sur un ton exaspéré.
                             _ Et alors ?
                             _ Je me demande si c’est le bon choix. Papa et toi n’êtes même pas
                      encore divorcés.
                             _ Il ne veut pas m’accorder le divorce.
                             _ Peut-être parce qu’il t’aime encore, tu ne voudrais pas lui

                      accorder une seconde chance ?
                             _ Helena c’est comme donner une balle à un tireur qui vient de te
                      manquer.
                             _ Je… je comprends en effet ta position, mais réfléchis un peu. Tu
                      veux vraiment épouser ce jeunot ?

                             _ Bon et si tu me parlais à présent de toi. Helena quand est-ce tu vas
                      me présenter ton amoureux ?
                              À l’entendre déballer ce sarcasme, je crache aussitôt mon café, non
                      sans pour autant m’excuser.
                             _ Maman j’ai été mariée une fois et les choses n’ont pas bien tourné
                      pour moi, tu le sais bien pourtant.
                             Elle me dévisage incrédule. On n’a pas besoin de parler de ça toutes

                      les deux.
                             _ Et ça veut dire quoi hein, tu ne veux plus t’engager parce que
                      l’autre abruti t’a laissé tomber ? Helena tu commences à prendre de l’âge,
                      le temps passe vite et je voudrais que tu aies des enfants un jour toi aussi.
                             _ Mais j’aurais des enfants. Dis-je en retroussant la lèvre.

                             _ À t’entendre parler, en dirait pas. Je vais donc reformuler ma
                      question, as-tu quelqu’un dans ta vie ?
                             Je baisse les yeux sur ma tasse, entrelaçant autour d’elle mes doigts
                      moites.
                             _ C’est compliqué, je ne veux pas parler de ça maintenant.
                             _ Pourquoi pas ? Quand tu étais petite tu me racontais toujours tout.
                             _ Oui je sais, mais là c’est trop long à expliquer.

                             Ma mère prend une profonde inspiration.
                             _ Tu sais j’aimerais t’apporter mon soutien, c’est le rôle d’une
                      mère, mais si tu ne veux rien me dire alors je comprends, tu n’es plus une
                      petite fille après tout. Comment va ton frère ?
                             À l’afflux d’une culpabilité naissante, ma mère change de sujet.





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