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annuel. Selon l’Insee, le PIB pourrait chuter « d’environ 20% » au deuxième
trimestre 2020. La chute annuelle du PIB français pourrait être de 8 à 10 %
en 2020. Dans les pays les plus économiquement dominés, la pandémie
risque d’avoir un impact dévastateur tant sur le plan sanitaire - les
systèmes sanitaires sont fragiles et mal approvisionnés en fournitures
médicales essentielles - que sur le plan économique du fait notamment de
leur dépendance aux échanges commerciaux, en particulier sur le plan
alimentaire.
Cet immense choc planétaire conjoncturel précipite une crise structurelle
du capitalisme. Cette crise historique peut en effet s’aggraver encore par
l’interaction d’une crise sanitaire dont le dénouement est toujours incertain
et d’une crise financière de grande ampleur. Ses prémisses étaient d’ailleurs
déjà perceptibles avant le déclenchement de la pandémie avec la formation
d’énormes bulles spéculatives sur de multiples actifs, du marché des actions
au marché obligataire, en passant par le marché immobilier des métropoles,
caractérisé par des hausses de prix de plus en plus déconnectées de
l’évolution de la valeur produite telle que la mesure le PIB. La crise peut
gagner rapidement le financement de l’économie par de multiples canaux.
Nombre de grandes entreprises ont contracté un endettement excessif,
souvent pour des motifs spéculatifs, consistant par exemple à emprunter
pour racheter leurs propres actions.
Sur des marchés financiers longuement maintenus sous perfusion par des
taux d’intérêt à 0% ou même négatifs qui ont fait enfler les bulles
spéculatives, les grands groupes financiers ont multiplié les placements sur
des titres à risque. Aussi le krach boursier déclenché depuis la fin février
qui a vu le cours des actions plonger d’environ 30 % dans le mois qui a
suivi, doublé de l’effondrement du marché des matières premières
notamment du pétrole, pourrait être suivi d’une vague de défauts de
paiements déstabilisant notamment les banques qui détiennent une masse
croissante de créances douteuses issue pour partie de leur propres
errements spéculatifs. Le resserrement des crédits accordés accentuerait
alors la contraction de l’activité économique provoquant alors de nouveaux
défauts de paiements ce qui accentuerait les risques d’effets en chaîne
parcourant une structure financière de plus en plus dégradée avec le risque,
jamais totalement nul, de faillites bancaires et d’une crise systémique aux
conséquences difficilement mesurables.
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