Page 130 - Chimie organique - cours de Pau 2- Brigitte Jamart
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Chapitre 5 ■ Les réactions et leur mécanisme


        La figure 5.2 (a) décrit, du point de vue énergétique, une réaction s'accomplissant en un seul « acte »,
        à la suite d'une collision qui déclenche à la fois la rupture et la formation des liaisons en cause. On
        appelle un tel processus « réaction élémentaire ». Cest le cas, par exemple, de la réaction entre le
        bromométhane CH,Br et l'ion OH évoquée plus haut.
           Mais beaucoup de réactions s'effectuent en deux ou plusieurs étapes, par une succession de réac-
        tions élémentaires ; ce sont alors des « réactions complexes ». C'est pratiquement toujours le cas
        lorsque le premier membre de l'équation-bilan comporte plus de deux « particules » (molécules ou
        ions), car les collisions entre trois particules (ou plus) sont extrêmement improbables.
           La figure 5.2 (b) illustre le cas d'une réaction en deux étapes. Le «creux » du profil énergétique
        entre les deux états de transition, correspond à l'intermédiaire de la réaction. Ce peut être une molé-  2
        cule, un ion ou un radical libre.                                                        § 5.3.1
          Exemple
           Addition de HCI sur l'éthylène :
                                                     +
                 l re étape :   H,C=CH,+HCIH,C CH,+CI
                                     +
                 2e étape :     H,C CH,+CI »H,C CH,CI
                                                  +
           (l'intermédiaire réactionnel est le cation H,C CH,).
           Plus un intermédiaire est stable et plus l'énergie d'activation de la première étape est faible. En consé-
        quence, s'il peut exister deux intermédiaires différents formés à partir de la même molécule initiale, le
        plus stable se forme plus rapidement quel' autre, et ceci détermine l'orientation préférentielle de la réac-  2
        tion. C'est un principe très général qu'une réaction passe de prtférence par le plus stable des intermé-
                                                                                                  pages
        diaires possibles. Plusieurs exemples d'application de cette « règle » se rencontreront par la suite.  207, 272
           La loi de vitesse
        La vitesse d'une réaction se définit par référence à la diminution au cours du temps de la concentration
        des réactifs, ou à l'augmentation de la concentration des produits, qui peuvent être plus ou moins
        rapides. Dans la très grande majorité des cas, la vitesse d'une réaction entre deux corps A et B, de la
        forme V,A + V,B Produits, est liée à chaque instant à leurs concentrations [A] et [B] (exprimées
        usuellement en mol • L)par une relation de la forme :
                                             v=k[A] [B"
        où k, constante de vitesse, est une fonction de la température :
                                      k=B.eEaRT (Loi d' Arrhénius)
        (Best une constante, différente pour chaque réaction, Ea l'énergie d'activation, R la constante du gaz P

        parfait et T la température absolue).                                                    § 5.5.2
           Les exposants m et n sont les ordres partiels de la réaction par rapport, respectivement aux
        réactifs A et B; leur somme (m + n) est son ordre global. Les ordres partiels peuvent être entiers ou
        fractionnaires ; ils peuvent aussi être nuls, ce qui signifie que la concentration du réactif correspondant
        n'intervient pas dans la vitesse de la réaction. Ils ne sont pas prévisibles, et leur valeur ne peut être
        déterminée que par l'expérience, mais ils sont égaux aux coefficients stœchiométriques du réactif
        correspondant si la réaction est une réaction élémentaire (au sens défini plus haut) ; en ce cas l'ordre
        global est donc égal à la molécularité de la réaction, c'est-à-dire la somme des coefficients stœchio-
        métriques du premier membre del' équation-bilan.
           Si la réaction est une réaction complexe, l'une de ses étapes est en général intrinsèquement moins
        rapidequeles autres.Ellejouelerôle d'étape cinétiquement déterminante, et les ordres partiels et global ob-
                                                                                                  2
        servés correspondent alors souvent aux coefficients stœchiométriques et à la molécularité de cette étape.
           L'étude expérimentale del' ordre cinétique d'une réaction est donc un moyen d'obtenir des infor-  chap. 13,
                                                                                                 § 13.2.1.b
        mations sur son mécanisme).                                                               et 13.2.2

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