Page 148 - Traité de Chimie Thérapeutique 4 Médicaments en relation avec des systèmes hormonaux
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            2 MÉDICAMENTS DU DIABÈTE SUCRÉ UTILISABLES PAR VOIE ORALE

            10.   INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
            Elles sont beaucoup moins nombreuses qu'avec les sulfonylurées en raison de l'ab­
            sence de métabolisation, de fixation protéique et surtout d'effet hypoglycémiant.
              Cependant les produits hyperglycémiants (glucocorticoïdes, ACTH et tétracosac-
           tide, diurétiques, estroprogestatifs, danazol, chlorpromazine, P stimulants...) peuvent
            modifier l'évolution de la maladie diabétique et nécessiter soit l'adaptation de la poso­
            logie de la metformine, soit son association à une sulfonylurée.
             Le risque constitué par les opacifiants utilisés pour les urographies intraveineuses
           est décrit au paragraphe concernant l'acidose lactique.

            11.   CONTRE-INDICATIONS

           Il s'agit surtout des conditions susceptibles d'augmenter les risques d'acidose lac­
           tique signalés précédemment (cf. 8.1) auxquelles il faut adjoindre l'intoxication éthy­
           lique, les insuffisances cardiaque et respiratoire pouvant entraîner une hypoxie tissu­
           laire, les complications aiguës du diabète sucré (acidose métabolique, coma, infection
           ou gangrène) et naturellement les périodes pré-, per- et post-opératoire chirurgicale
           où l'on remplace le biguanide par l'insuline.
             La grossesse constitue une contre-indication formelle et nécessite le recours à
           l'insuline.
             Chez les vieillards, le risque d'acidose lactique est majoré par l'insuffisance rénale ;
           la surveillance de la clairance de la créatinine s'impose.

           12.   UTILISATIONS THÉRAPEUTIQUES

           12.1.  DIABÈTE NON INSULINO-DÉPENDANT
           Il s'agit surtout des diabètes de l'obèse, de la cinquantaine, de pléthore sans acétonu-
           rie quand le régime alimentaire seul s'est révélé inopérant tant pour la normalisation
           du poids corporel que pour celui de la glycémie.
             En moyenne, la metformine s'avère capable d'abaisser la glycémie de 25 à 30 %
           chez 80 % des patients.
             Le traitement doit être installé progressivement, les doses journalières (exprimées
           en metformine base) pour la monothérapie sont classiquement :
           -  chlorhydrate de metformine : 2 à 3 fois 390 mg sous forme de comprimés avec
             possibilité de remplacement par des comprimés à libération prolongée quand
             l'équilibre est atteint,
           -  p-chlorophénoxyacétate : 2 à 3 fois 205 mg,
           - embonate : 2 à 3 fois 280 mg.
             Il est préférable de faire prendre les comprimés au cours du repas de manière à
           diminuer les effets secondaires.
             Un des bénéfices les plus nettement constatés concerne la perte - ou plutôt la sta­
           bilisation - du poids des patients mais l'effet sur l'intolérance au glucose est aussi lar­
           gement reconnu.
             L'association aux sulfonylurées s'accompagne le plus souvent d'une diminut
           d'un tiers de la dose de metformine qui est divisée en deux prises : le matin et le •
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