Page 180 - Traité de Chimie Thérapeutique 4 Médicaments en relation avec des systèmes hormonaux
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            2 MÉDICAMENTS DU DIABÈTE SUCRÉ UTILISABLES PAR VOIE ORALE

            ment ce mécanisme. L'état de transition de l'hydrolyse catalytique (figure 8) utilise bien
            un intermédiaire cationique où le cycle est rendu plan avec participation de deux
            restes carboxylique (glutamate 35 et aspartate 52, pour le site actif du lyzozyme).
              L'efficacité de l'inhibiteur dépendrait ainsi notamment de l'aptitude à la planéité et
            naturellement de facteurs conformationnels et électroniques.


















            Figure 8 : Rôle des groupes carboxyliques pour l'hydrolyse des liaisons osidiques
                    selon des études aux Rayons X des complexes lysozyme-inhibiteurs
                    (d'après Papandreou et al.)


           2.4.3.  Activités de l'acarbose in vivo
           Les travaux réalisés chez les rongeurs et aussi chez l'Homme ont confirmé l'aptitude
           de l'acarbose à retarder l'absorption du glucose. L'étude de Jenkins, dès 1981 chez
           l'Homme, a bien montré qu'à 200 mg PO l'acarbose réduit nettement la glycémie
           après prise d'amidon et de saccharose, faiblement après prise de maltose, mais pas
           après consommation de lactose ou de glucose.
             Les analyses de l'air expiré ont bien confirmé que l'absorption des glucides alimen­
           taires est diminuée et que la quantité d'hydrates de carbone fermentescibles attei­
           gnant le côlon est augmentée. Enfin, les retards de digestion et d'absorption des glu­
           cides ont été confirmés aussi à l'aide traceurs radio-actifs.
             Chez des volontaires sains, la glycémie post-prandiale et l'insulinémie sont abais­
           sées ; les profils lipidiques sont modifiés avec baisse des triglycérides et des VLDL,
           mais sans modification du cholestérol.

           2.4.4.   Toxicologie
           L'acarbose est dénué de toxicité. Aucune effet létal n'a été observé avec des doses
           supérieures à 8 g/kg chez diverses espèces animales : Souris, Rat, Chien.
             En administration chronique pendant 3 mois chez le Rat et le Chien à 1,15 g/kg,
           aucune atteinte hépatique ou hématologique n'a été décelée, aucune modification
           histopathologique n'a pu être mise en évidence et aucun effet mutagène, cancéro­
           gène ou tératogène n'a été décrit.
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