Page 184 - Traité de Chimie Thérapeutique 4 Médicaments en relation avec des systèmes hormonaux
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2. MÉDICAMENTS DU DIABÈTE SUCRÉ UTILISABLES PAR VOIE ORALE  145

            2.10.  UTILISATIONS THÉRAPEUTIQUES

            Aussi bien dans les DID que dans les DNID, l'acarbose apparaît comme un complé­
            ment aux mesures diététiques et nécessite une adaptation des posologies de l’insu­
            line ou des sulfonylurées.
              Avec la posologie habituelle : 3 prises de 50 mg par jour au début, puis après deux
            semaines, 2 ou 3 prises de 100 mg - les doses maximales recommandées sont de
            400 mg/j - les améliorations observées concernent surtout l'hyperglycémie post-pran­
            diale.
              L'effet sur la glycémie à jeun est beaucoup moins important, en moyenne de 3 à
            3,5 mmol/l (de 0,55 à 0,6 g/l). En conséquence, les taux d'hémoglobine glycosylée
            (HbA1c) baissent eux aussi très peu (1 %). Cependant, son mode d'action différent fait
            de l'acarbose un complément utile aux autres médicaments en permettant de dimi­
            nuer leurs doses.
              L'acarbose pourrait constituer ainsi un moyen pour mieux écrêter les pics d’hyper­
            glycémie post-prandiale que l'insuline contrôle parfois difficilement dans les DID ;
            dans les DNID, il pourrait s'agir surtout de simplifier les traitements et de prolonger
            l'efficacité des sulfonylurées.
              La diminution des complications au long terme des diabètes est naturellement
            aussi un but à atteindre, cependant l'hyperinsulinisme ne semble nullement amélioré
            par l'acarbose.
             Les autres utilisations de l’acarbose concernent le "dumping syndrome" : évacua­
           tion accélérée de l'estomac en station debout et surtout les hypertriglycéridémies où
           le rôle des glucides est bien établi. Par contre, il faut rappeler qu'aucune amélioration
           de l'obésité n'a pu être démontrée.

           3.    MIGLITOL
           Le miglitol est un inhibiteur de l'a-glucosidase dérivé de la nojirimycine et de sa forme
           réduite, la 1 -désoxynojirimycine (figure 11).
             I_a nojirimycine a été initialement isolée de cultures de souches de Streptomyces
           roseochromogenes, S. nojiriensis (origine du nom) et de S. lavendulae ; la désoxynoji­
           rimycine a été préparée par désoxygénation au contact de Pt ou par réduction avec







                            OH
                 nojirimycine     désoxynojirimycine désoxymannojirimycine




                                              CH2CH2OH
                             miglitol
           Figure 11 : Nojirimycine, désoxynojirimycine, désoxymannojirimycine et miglitol
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